08fév Suite sur les consultations budgétaires
J’ai posté ma liste de suggestion aux ministre sur Facebook et Guillaume a fait le commentaire suivant:
Donc en gros, réduire les impôts des entreprises et des particuliers, enlever les subventions, éliminer les ministères, donc enlever de l’importance au gouvernement dans la gestion du pays. N’est-ce pas un peu anarchique Mr. Rainville?
Voici donc ma réponse.
Prenons ton point comme départ : enlever de l’importance au gouvernement dans la gestion du pays est une mauvaise chose. Donc si on pousse cette logique à l’extrême, l’état devrait tout posséder et tout contrôler et on devrait mettre en place un régime communiste. Évidemment, ce n’est pas ce que tu dis, mais ça illustre le fait qu’il y a un niveau au-delà duquel l’augmentation de la taille de l’état aura un effet néfaste sur la nation. De là, nous pouvons établir qu’il existe un niveau optimal de dépenses publiques.
La question est donc quel est ce niveau optimal? (Tu devineras que je suis de l’avis que nous l’avons largement dépassé.)
Pour déterminer ce niveau, il est important d’établir quel est le rôle légitime de l’état. Le critère qui me semble le plus raisonnable ici, est celui de l’efficience. Donc autrement dit, le Gouvernement du Québec devrait seulement s’occuper d’une tâche s’il est le mieux placer pour l’accomplir.
Hors, le gouvernement, de par sa nature a tendance à être très inefficient. En premier lieu, les gouvernements sont généralement statique et réagisse très lentement au changement. Une entreprise privée qui ne répond pas adéquatement aux besoins de ses clients sera rapidement en faillite; un programme gouvernemental qui ne répond pas efficacement au besoin des citoyens peut exister pendant des décennies. Pire encore plus un programme existe longtemps, plus il a tendance a créé des groupes d’intérêt au tour de lui. Donc, même si le programme en question coûte plus cher aux contribuables qu’il ne procure en bénéfice, les groupes d’intérêt qui désire son maintien auront tendance à se coaliser pour bloquer son abolition.
En second lieu, le gouvernement se doit d’être redevable à la population. Ce mécanisme s’accompagne généralement d’un ensemble de règle et de mesure de contrôle assez stricte et rigide. Ces règles sont nécessaires pour éviter les problèmes de corruption et le favoritisme. Mais en contrepartie, cela a tendance à tuer l’innovation au sein de l’organisation et d’encastrer le système. L’entreprise privée au contraire n’a besoin de rendre de compte qu’à ses actionnaires, ce qui réduit les besoins en réglementation. De plus, une petite organisation a généralement une compréhension beaucoup raffiné de son environnement qu’une grande organisation qui doit imposer des règles très compliqués à de grande échelle. C’est pour cela que je crois qu’on devrait donner plus de pouvoir aux gouvernements régionaux. Par exemple, qui est le mieux placé pour juger de la pertinence de construire un centre communautaire : la ville de Gatineau ou le Gouvernement du Québec? La ville aura la possibilité d’entendre et de consulter l’ensemble des intervenants concernés ce qui lui permettra de bien identifier les besoins de la population. Le gouvernement provincial n’a pas cette option, car cela impliquerait qu’il développe une base de connaissance sur l’ensemble des milieux communautaire du Québec, car les besoins varieront de village en village. Un programme provincial n’aura d’autre choix que d’ignorer les détails régionaux et mettre en place des critères mur-à-murs.
De plus, lorsqu’un projet est financé directement par ceux qui vont en bénéficier, il est beaucoup plus facile de juger de sa pertinence. Par contre, lorsque projet est financé par une entité externe, les acteurs locaux ont intérêt a tiré la couverte de le bord, sinon ils vont se retrouver indirectement à financer les projets des autres sans avoir aucun bénéfice local.
En troisième lieux, es-ce que tu fais confiance à Jean Charest? À Pauline Marois? À Stephen Harper? La réalité, c’est que la principale motivation des politiciens, c’est de se faire réélire. Cette motivation n’est pas toujours en adéquation avec l’intérêt publique. Plus souvent qu’autrement, ils prennent des décisions à court terme et sacrifie le long terme.
Si on ne peut pas faire confiance aux politiciens, il n’y a que deux possibilités : (1) on arrête d’élire des politiciens auxquels on ne fait pas confiance ou (2) on limite leur pouvoir au stricte minimum.
De temps à autre, on peut certes apprécier un politicien ou un autre, mais forcer d’admettre que de façon générale, ils tendent à prendre de mauvaises décisions de façon systématique et que la couleur du parti au pouvoir n’a que peu ou pas d’effet sur la situation. Je préfère donc limiter leur pouvoir et cela implique forcément la limitation de l’État.
Je détaillerai davantage les mesures concrètes que je suggère une autre fois.

